Les toits plats ont le vent en poupe depuis pas mal d’années déjà, que ce soit à la campagne ou à la ville. Et pour cause, ils présentent de très nombreux avantages, notamment en ce qui concerne leur aménagement intérieur et sont, par ailleurs, de mieux en mieux vus par les services d’urbanisme, qui les considèrent comme une façon particulièrement intelligente et contemporaine d’optimiser l’espace.

Les hauts et les bas des toits plats

À l’origine, l’architecture à toit plat n’a rien d’occidental. Ce type d’aménagements voit le jour il y a près de 10 000 ans en Anatolie et en Mésopotamie. Les toits plats ont cet avantage qu’on peut s’y tenir debout et même, à la nuit tombée, y dormir pour profiter des étoiles et d’une relative fraîcheur. Si les toits plats ont connu un tel essor au Proche-Orient, c’est aussi parce que son sous-sol est riche en hydrocarbures et que ses habitants ont pu y puiser de quoi élaborer l’ancêtre du roofing.

Le toit plat ne connaît qu’un essor modéré dans nos contrées. Certains palais de l’époque baroque en sont dotés, qui sont ensuite entièrement dissimulés derrière des corniches et des balustrades. Le Corbusier participe à sa façon à l’essor du toit plat de ce côté-ci de la Méditerranée. Il en fait l’un des cinq arcanes majeurs de l’architecture moderne. Son idée étant de récupérer en hauteur la superficie occupée par le bâti. Il traite alors ces lieux haut perchés et, en quelque sorte, dérobés au paysage urbain, comme des lieux publics destinés à améliorer la qualité de vie des hôtes de l’«unité d’habitation».

Le moderne a rendez-vous avec l’ancien

L’extension en toit plat présente de nombreux avantages. Entre autres, son inertie thermique, directement liée à l’épaisseur de la structure supérieure. Laquelle, par la force des choses, se révèle plus épaisse que celles d’un toit pentu. Elle permettra par la suite de garder l’extension chaude en hiver, fraîche en été. Par ailleurs, le pouvoir d’inertie lié à la nature même du béton autorisera une meilleure régulation des différences de température entre l’extérieur et l’intérieur. Autant d’atouts qui seront encore accentués si on choisit de coiffer son extension d’un toit vert.

L’autre grand avantage de ce type de constructions, c’est bien sûr que, les murs étant à angle droit, on peut les aménager sans devoir tenir compte des contraintes liées aux toits pentus. L’espace qui vient coiffer l’ensemble est un autre bonus qu’on peut à loisir transformer en terrasse ou en jardin-terrasse. Il serait erroné de croire que les toits plats ne sont pas destinés à venir compléter des bâtisses anciennes. Au contraire, plutôt que de laisser séduire par du «faux vieux», leur aspect apporte un contrepoint intéressant et peut même faire office d’écrin, qui met encore mieux en valeur les lignes existantes.

Des contraintes plus que des désavantages

En ce qui concerne les toits plats, on ne peut pas à proprement parler de désavantages, mais plutôt de contraintes. Ce type d’aménagements requiert une étanchéité sans faille. Il faut éviter que l’eau ne s’infiltre, mais, plus encore, qu’elle ne stagne au sommet de la construction. C’est pourquoi les toits plats doivent être équipés de systèmes d’évacuation spécifiques, conçus par des professionnels qui tiendront compte de leurs besoins particuliers et de leur relative fragilité au regard des problèmes d’infiltration.

Il est souvent dit qu’une construction dotée d’un toit plat est moins chère qu’une autre de forme pentue. Ce n’est pas tout à fait exact. En revanche, à budget égal, elle offrira plus d’espace aménageable. La façon dont on intègre l’extension par rapport à une ou plusieurs constructions existantes est loin de se révéler anecdotique. Il faut penser en trois dimensions, ne pas craindre de se montrer audacieux, voire de faire appel à des solutions techniques plus complexes que la moyenne.

Pour toutes ces raisons, certaines communes se montrent parfois frileuses face à un propriétaire ou un architecte qui aurait opté pour un toit plat. Ils sont le plus souvent persona non grata dans des zones soumises à de fréquentes chutes de neige. Enfin, il faut le savoir, les toits plats, quand ils prennent de la hauteur, peuvent créer du vis-à-vis. En fonction des règlements imposés par les villes, il peut exister des distances minimums à respecter afin d’éviter que les uns et les autres ne viennent troubler l’intimité du voisinage.